lundi 19 octobre 2009

Les libellules

Les milieux se prêtant à la reproduction des libellules sont nombreux sur Malchamps (notamment les mares formées par l’effondrement des lithalses). C’est pourquoi on peut y retrouver de nombreuses espèces dont la plus fréquente à cette époque de l’année, est le Sympétrum noir (espèce inféodée aux tourbières). On peut distinguer la femelle du mâle grâce aux crochets situés à l’extrémité de son abdomen.

Sympétrum noir – Sympetrum danae













Nous avons pu observer plusieurs accouplements de cette espèce lors de notre visite ce 21 septembre 2009. Les mâles sont plus faciles à observer car ils patrouillent véritablement autour des mares à la recherche des femelles qui sont attrapées par ceux ci pour l’accouplement. L’accouplement terminé, le mâle reste accroché à la femelle jusqu’à la fin de la ponte pour empêcher d’autres mâles de la féconder à leur tour. En effet, si un autre mâle s’empare d’une femelle après une première fécondation, il commence par la débarrasser de la première semence avant de lui imposer la sienne. C’est pourquoi l’accouplement est de durée très variable (entre quelques minutes jusqu’à plusieurs heures).

Sympétrum noir durant la ponte













Une fois l’accouplement terminé, la femelle dépose, après quelques minutes, ses œufs à la surface de l’eau, sur des végétaux pour le Sympétrum noir ou encore à l’intérieur de ceux-ci pour d’autres espèces. Elle martèle à l’aide de l’extrémité de son abdomen les endroits où elle souhaite déposer ses œufs. Le mâle reste fermement accroché à elle durant cette opération. Cela dit, ce phénomène ne s’observe pas chez toutes les espèces d’odonates. Chez d’autres espèces, le mâle abandonne la femelle directement après l’accouplement.

Pour empêcher un mâle d’une espèce d’attraper une femelle d’une autre espèce, l’appendice terminal de l’abdomen des mâles ne peut s’agripper à une femelle d’une autre espèce.

Les aeschnes que nous avons rencontrées (aeschne des joncs et aeschne bleue) adoptent des comportements territoriaux : les mâles chassent les intrus présents sur leur territoire qu’ils soient de leur espèce ou non. De cette manière, ils espèrent pouvoir attraper les femelles présentes sur les mares qui forment leur territoire provisoire. En effet, ils changent de territoire régulièrement en faisant ainsi le tour des mares.

Aeschne des joncs - Aeshnea juncea













Aeschne bleue - Aeshnea cyanea













Les libellules, lors de l’accouplement, forment ce que l’on nomme un « cœur copulatoire ».

Aeschne des joncs en position d'accouplement


Dans la Fagne de Malchamps, on peut également rencontrer d’autres libellules que nous n’avons pas eu la chance de croiser.

Aeschne subarctique – Aeshnea subarctica













Leucorrhine douteuse - Leucorrhinia dubia

Photographies : Annick Pironet

3 commentaires:

  1. On parle souvent de «libellules» et de «demoiselles» pour décrire ces insectes que l’on peut observer à proximité de nombreux plans d’eau. Cependant, le véritable mot scientifique qui désigne les libellules au sens large est Odonate. Ce terme fait référence étymologiquement «à leurs mâchoires dentées». Le groupe d’insectes des Odonates comprend deux sous-ordres ; les demoiselles (appelées aussi Zygoptères) et les libellules (ou Anisoptères). Actuellement, 69 espèces d’Odonates ont été répertoriées en Belgique (66 en Wallonie). Et, parmi ces dernières, 51% sont considérées comme menacées d’extinction ou déjà éteintes.

    Les Odonates possèdent, trois paires de pattes, deux paires d’ailes, et leur corps se divise en trois parties : la tête, le thorax et l’abdomen.

    • La tête est munie de deux énormes yeux dotés d’une multitude de facettes, cette particularité leur permet de détecter les moindres mouvements.
    • Le thorax porte trois paires de pattes et deux paires d’ailes. Le vol des libellules est comparable au vol d’un hélicoptère ; elles sont capables de voler dans toutes les directions, de faire du sur place, d’alterner des vols rapides et des vols lents. Ces particularités de vol sont dues au fait que leurs ailes sont capables de battre indépendamment les unes des autres. Les pattes permettent à l’insecte de s’agripper mais pas de se déplacer.
    • Le long abdomen, composé de dix segments, est souvent coloré. Il porte les organes génitaux mâle ou femelle.

    Chez les Odonates, les colorations ont de multiples fonctions : la découverte et l’identification des partenaires sexuels, le camouflage et parfois le maintien de la température interne.

    Les Odonates se nourrissent d’insectes (mouches, moustiques,…) qu’ils capturent en plein vol, ce sont donc des carnivores.

    Gauthier

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  2. La vie larvaire des Odonates est aquatique, elle dure de plusieurs mois à plusieurs années. Comme l’adulte, la larve est carnassière et se nourrit de petits animaux aquatiques (têtards, petits crustacés, larves d’insectes,…). Pour capturer les proies, la larve se sert de sa lèvre inférieure qui est articulée comme un bras et appelée « masque ». Le masque se projette en avant afin de capturer les proies.
    La larve grandit par mues successives. Au terme de sa croissance, elle quitte le milieu aquatique pour rejoindre le milieu aérien en grimpant sur des végétaux. C’est là que se réalise la dernière mue appelée émergence ; l’adulte ailé ou imago se dégage du dernier tégument du stade larvaire. On peut retrouver ce tégument, appelé exuvie, sur la végétation des rives, le plus souvent durant les mois de mai et juin.

    Après l’émergence et quelques heures de séchage, les Odonates s’envolent. Il faudra encore attendre plusieurs jours (période appelée maturation) pour que la coloration soit définitive. Durant la maturation, les Odonates quittent les lieux humides pour gagner les forêts et les prés environnants. Dès que la maturité sexuelle est atteinte (après 5 à 21 jours selon les espèces), ils rejoignent les zones humides pour se reproduire.

    Comme cela a déjà été expliqué dans le compte-rendu de la formation, le mâle délimite alors un territoire qu’il surveille activement. Dès qu’il repère une femelle solitaire, le mâle se dirige vers elle et tente de l’agripper, en vol, à la nuque ou à la tête. Ils forment ainsi la position dite «tandem». L’accouplement commence lorsque la femelle se pose sur la végétation ; elle recourbe alors son abdomen pour amener ses organes copulateurs en contact avec ceux du mâle situés à la base de l’abdomen. Cette position forme, le «cœur copulatoire», typique des odonates.
    Les œufs ne sont fécondés qu’au moment de la ponte. Le mâle reste, le plus souvent, à proximité de la femelle afin d’assurer que sa semence ne soit pas éliminée par un autre mâle. Pour cette raison, chez beaucoup d’espèces, le couple reste en position de tandem durant la ponte. Les techniques de ponte varient d’une espèce à l’autre : certaines abandonnent leurs œufs dans l’eau et d’autres les insèrent dans la végétation aquatique. Ces œufs donneront naissance à des larves qui recommenceront le cycle qui vient d’être développé.

    Gauthier

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  3. « Les libellules, sentinelles de nos milieux aquatiques :
    Le sort de ces insectes parmi les plus attrayants est intimement lié à celui des milieux humides puisque leurs larves présentent un mode de vie aquatique. Connues de tous, les libellules suscitent un intérêt croissant auprès des naturalistes. Ils présentent par ailleurs des qualités indicatrices indubitables, justifiant leur prise en compte dans les programmes SURWAL (Surveillance de l'état de l'environnement wallon par bioindicateurs) et ISB (Inventaire et Surveillance de la Biodiversité). En effet, ils sont à la fois sensibles aux modifications de leur habitat (physionomie, qualité d'eau,...) et dépendants, en tant que prédateurs, de la richesse de la faune aquatique en général. » (Source : http://biodiversite.wallonie.be)

    Voici un lien Internet ou vous pourrez retrouver de nombreuses informations, des fiches détaillées et des publications :
    http://biodiversite.wallonie.be/especes/ecologie/libellules/ISB_SURWAL/home.html

    Gauthier

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